● 1.6.
Règles de calcul A ce jour, les règles de calcul applicables
sont toujours, pour les marchés privés, principalement le DTU P22-701
(règles CM66 et leur additif de 1980) et, pour les marchés publics,
le fascicule n°61 - Titre V (conception et calcul des ponts et constructions
métalliques en acier) du CCTG. Les règles CM66 codifient les
méthodes de calcul applicables à l'étude des projets de construction
en acier. Leur application aux différents éléments des bâtiments
conduit à un degré de sécurité sensiblement homogène
pour les différentes sollicitations et les divers types de constructions.
Depuis leur parution (1966), d'importants progrès ont été
réalisés dans la connaissance du comportement élasto-plastique
des matériaux et des structures. Ces progrès ont permis de mettre
au point un certain nombre de prescriptions complémentaires à celles
des règles CM66, réunies dans l'additif de 1980. Ces règles
ne s'appliquent pas aux éléments minces en acier pour lesquels on
utilise le DTU P22-703. Définitions
Actions et sollicitations Les sollicitations sont les efforts
internes dans les éléments de l'ossature provoqués par les
actions déterminées, pour une section donnée. Elles s'évaluent
par une méthode appropriée d'analyse des structures. Les actions
sont les forces et couples qui s'appliquent sur la construction et sont définies
à la partie 1.4 du présent document. Par principe, les valeurs
des actions introduites dans les calculs de vérification de la résistance
de l'ossature sont les plus défavorables. Ces valeurs sont fixées
par les documents constituant le marché, soit directement lorsqu'elles
dépendent de l'utilisation même de la construction, soit par référence
à des normes ou règlements. État limite ultime et
état limite de service Pour justifier la sécurité
et l'aptitude au service des constructions, on emploie une méthode dite
d'états limites. Son principe est de montrer que les combinaisons d'actions
et les sollicitations de calcul à envisager n'entraînent pas dans
la construction ou l'un de ses éléments, un des phénomènes
que l'on souhaite éviter. Un état limite ultime (ELU) est atteint
lorsque l'un des phénomènes suivants se produit : perte d'équilibre
de la structure, formation pour tout ou partie de la structure d'un mécanisme
de ruine, instabilité de forme, rupture d'un élément, déformations
plastiques excessives. Un état limite de service (ELS) est atteint lorsque
la structure devient inapte aux fonctions normales pour lesquelles elle est conçue,
en particulier dans les cas de déformations excessives entraînant
une interruption du service normal de la structure ou des désordres inacceptables
d'éléments non structuraux. Coefficient de pondération Pour
établir une vérification aux états limites, on multiplie
les valeurs caractéristiques ou nominales des actions par des facteurs
appelés coefficient de pondération, dont les valeurs sont toujours
supérieures ou égales à 1. Elles dépendent de l'état
limite considéré (service ou ultime), du type d'action envisagée
(permanente ou variable), et de la combinaison d'actions étudiées
(intervention simultanée d'actions variables). Ces coefficients tiennent
compte de la possibilité que les actions atteignent des valeurs plus défavorables
que les valeurs caractéristiques, de la probabilité réduite
d'intervention simultanée d'actions atteignant leur valeur caractéristique,
et enfin des modifications défavorables des sollicitations dues à
des hypothèses de calcul imprécises, des imperfections dans la réalisation
ou des incertitudes sur la résistance des éléments. Pour
les ELU, les coefficients sont 1,35 et 1,5 pour pouvoir diminuer la probabilité
de ruine à un niveau très faible. Vérification
de la sécurité de la structure Les calculs de structure une
fois établis selon les charges définies, doivent faire l'objet d'un
certain nombre de vérifications. Vérifications relatives
aux contraintes Les vérifications relatives aux contraintes tout
d'abord portent sur deux points principaux. - La stabilité d'ensemble,
assurée sous l'effet des combinaisons d'actions pondérées
les plus défavorables. - La stabilité de chaque élément
: les valeurs maximales des efforts normaux et des moments pondérés
restent inférieures à celles qui entraîneraient théoriquement
la ruine de l'élément. Vérifications relatives aux
déformations Les déformations des éléments
de l'ossature doivent être suffisamment faibles pour que : - l'exploitation
de l'ouvrage ne s'en trouve entravée à aucun point de vue ;
- les éléments supportés (remplissage, revêtement)
ne soient pas endommagés de façon inadmissible du fait de ces déformations,
qu'elles soient horizontales ou verticales ; - la répartition des efforts
dans les éléments de l'ouvrage ne soit pas altérée
par les déformations ; - les efforts dits secondaires restent négligeables. Concernant
ces deux derniers points, on admet éventuellement des constructions n'y
satisfaisant pas sous réserve que leur stabilité à l'état
déformé soit prouvée. Les déformations dues à
l'effort normal sont généralement négligeables devant les
déformations de flexion pour les éléments soumis à
ces deux sollicitations. Les déformations dues au moment fléchissant
sont prépondérantes. Le maximum de la déformation est observé
le plus souvent au milieu de la poutre, quelle que soit la répartition
des charges appliquées. Les règles donnent les valeurs des flèches
à ne pas dépasser dans les éléments d'ouvrages les
plus courants pour permettre une exploitation normale et éviter les désordres
dans les éléments secondaires de la construction. Les déformations
d'éléments supportant des murs ou des cloisons doivent être
suffisamment faibles pour que les remplissages ou les revêtements supportés
puissent les subir sans dommage. Les CM66 ne fixent pas de limites aux déplacements
horizontaux en raison de l'extrême diversité des cas. Toutefois,
une vérification sommaire peut être nécessaire dans des cas
risquant d'entraîner un faux aplomb significatif des poteaux. Différences
entre règles CM66 et Eurocode 3 Principes et concepts de
sécurité La France ne verra pas ses habitudes de vérification
de la sécurité des constructions métalliques bouleversées
: l'Eurocode 3 peut s'apparenter à un règlement dit par «
pondération des charges aux états limites ». Les règles
européennes apporteront plus de rigueur et de cohérence et surtout
une approche « semi-probabiliste » identique à tous les matériaux.
L'harmonisation des codes de charge ne réduira pas le nombre de combinaisons
d'actions à prendre en compte dans les vérifications de la sécurité
des structures. Méthode d'analyse Les méthodes de
calcul permettant de déterminer les sollicitations et déplacements
à partir de la définition des actions extérieures appliquées
sur la structure sont plus étendues que celle des règlements français.
Les règles CM66 et le titre V du fascicule 61 du CCTG ne traitent que de
méthodes de calcul élastique, en majorité du premier ordre.
L'additif de 1980 aborde les calculs en plasticité. Dans l'Eurocode
3, le champ d'application des méthodes d'analyse, étendu aux domaines
élastique et élasto-plastique au premier ou au deuxième ordre,
permettra une meilleure appréhension du comportement des structures et
donc un dimensionnement optimisé à la fois en sécurité
et en coût. En conséquence, le recours aux équipements
informatiques compensera la complexité du processus de calcul et de vérifications
menant à l'élaboration de la note de calculs. Conception
et dimensionnement des assemblages Bénéficiant du progrès
des connaissances, c'est le domaine qui connaîtra le plus grand bouleversement.
L'Eurocode 3 propose une approche qui permettra de traiter un assemblage comme
un ensemble de « composantes » mises en parallèles ou en série,
améliorant sa caractérisation en termes de rigidité et de
résistance. Le domaine d'application s'étend alors aux assemblages
à comportement «semi-rigide» et pourra conduire à des
conceptions de détail plus simples et plus économiques. Une
analyse de comportement des structures plus élaborée et une vérification
de la sécurité plus minutieuse devraient constituer la contrepartie
d'une telle évolution. L'influence de cette approche portera donc autant
sur la conception des structures que sur l'économie de réalisation
des assemblages. Choix des matériaux et règles de fatigue Peu
prise en compte dans la réglementation française, la notion de fatigue
était rarement considérée dans le domaine de la construction
des bâtiments. Au titre de code de règles générales,
l'Eurocode apporte ici des données assez complètes et précises.
A cela s'ajoute des règles portant sur le choix des nuances et les qualités
d'acier, avec le traitement des risques de rupture fragile. Cet ensemble devrait
favoriser une meilleure adaptation aux conditions de réalisation et d'utilisation
des ouvrages. Incidences économiques L'impact économique
est difficile à évaluer sur la réalisation de structures
métalliques. Son incidence devrait être faible sur le poids des
structures usuelles. Certains aspects particuliers, notamment les assemblages,
devraient conduire à une simplification de la conception des structures
et à un meilleur compromis coût/sécurité. Prédimacier
: outil de prédimensionnement PRISM2 |