A
partir d'une ossature poteaux-poutres, les solutions de planchers exploitent les
capacités de matériaux différents qu'il faut associer au
mieux pour répondre aux contraintes du projet. En terme de géométrie,
les poutres de l'ossature pourront être incorporées ou non à
la dalle béton. Guidées par de nombreux critères, ces
orientations influent dès la conception sur la composition de l'ossature
comme du plancher, chaque solution amenant son lot de contraintes et d'atouts. Pour
l'application à des bâtiments à usage résidentiel,
le référentiel PRISM2 retient deux grandes familles de solutions
: • les planchers en béton coulé sur bacs métalliques
nervurés, • les planchers en béton, avec ou sans prédalles. Applicables
dans ces deux grandes familles, les procédés de dalle mixte seront
évoqués. Ils proposent d'autres performances nécessitant
des aménagements de conception et peuvent s'intégrer à des
projets neufs comme à la réhabilitation. Par
ailleurs, la recherche permanente de solutions nouvelles, performantes et économiques
a permis le développement de techniques de plancher sans béton.
Ces techniques à base d'éléments minces en acier, de bois
et de matériaux de synthèse permettent de réaliser des planchers
de poids surfacique très faible. Connues sous le nom générique
de planchers secs, ils seront abordés au travers de l'exemple du plancher
collaborant interactif sec (PCIS), fruit de la collaboration entre Haironville,
Isover et Lafarge Plâtres. Chaque
solution fait l'objet d'une présentation technico-économique autour
des critères suivants : • gamme d'emploi (type de construction,
portée, hauteur de plancher, intégration des servitudes), •
performances de base (résistance, isolation thermique, isolation acoustique,
incendie), • mise en œuvre (disponibilité des produits,
procédures, entreprises), • notions de coûts et éléments
d'analyse, • points particuliers et dispositions diverses. Cette
analyse est effectuée à la lumière des textes de référence
réglementaires, législatifs et normatifs européens et français,
ainsi qu'aux avis techniques des produits. Pour un bâtiment de logements,
les hauteurs libres étant souvent proches de 2,5 m, l'épaisseur
du plancher est déterminante car elle influe directement sur la hauteur
totale du bâtiment. Fonction
du plancher Les
planchers permettent le franchissement entre files porteuses et participent à
la reprise des efforts horizontaux. Pour transmettre les efforts horizontaux
aux éléments verticaux, le plancher doit être capable d'agir
comme un diaphragme. Les planchers réalisés à l'aide de béton
coulé sur bacs acier ou sur prédalles remplissent ces fonctions. Composition
type Un plancher se compose des éléments suivants : •
Revêtement de sol. • Dalle : dalle en béton coulé
sur bac nervuré en acier, collaborant ou non (coffrage perdu), dalle en
béton armé, éventuellement sur prédalle industrialisée
platelage léger en panneaux de particules posés sur bande ou sur
plots. • Plafond suspendu ou rapporté. Cet élément
permet de compléter l'isolation acoustique, d'améliorer la performance
au feu ou de constituer un écran. |
Exigences
pour les logements •
Charges supportées : charges d'exploitation pour les logements fixées
à 150 daN/m². Les textes : NF P 06-001, règles CM 66, Eurocodes
3 et 4. •
Performances au feu : 2e famille : Planchers CF .h 3e famille A : Planchers
CF 1h 3e famille B : Planchers CF 1h Les textes : arrêté
du 31 janvier 1986, modificatif du 18 août 1986. •
Acoustique : bruits d'impact L'nT,w = 58 dB Les textes : arrêté
du 28 octobre 1994, arrêté du 30 juin 1999. Selon
sa conception, le niveau d'isolement acoustique du plancher peut être amélioré
par diverses dispositions : variation des caractéristiques du plénum
(nature du parement, hauteur, isolant), coupure dans la dalle béton. Les
planchers à bacs collaborants Définie
dans le cadre des Avis techniques, cette appellation désigne un plancher
en béton coulé sur un profilé métallique large collaborant.
Le référentiel PRISM2 présente les produits de PAB et Haironville
à l'aide de fiches descriptives indiquant leurs caractéristiques
et proposant une représentation graphique. Généralités
Cette technique met en jeu les différents principes de collaboration entre
la tôle et le béton. La tôle de coffrage constitue l'armature
basse du plancher au moins dans la direction de la portée principale du
plancher, celle des nervures du coffrage. Pour empêcher le démoulage
et le glissement longitudinal de la tôle, les coffrages sont constitués
de plis, de bossages et d'empreintes qui favorisent la collaboration. Les
planchers ainsi réalisés offrent une sous-face brute révélant
l'aspect du métal et les nervures du profil de coffrage utilisé.
Ils peuvent être associés à tous types de plafond afin de
répondre aux exigences rencontrées : esthétique, thermique,
acoustique et performance au feu. C'est le cas des bâtiments à
usage résidentiel qui appartiennent au domaine d'emploi des produits défini
dans les Avis techniques. 
Constitution
Le plancher est formé : - d'une tôle en acier, profilée
à froid et raidie longitudinalement par des nervures dont les formes et
les dimensions varient selon les produits. L'acier employé a une limite
d'élasticité comprise entre 320 et 330 N/mm² et reçoit
une galvanisation avec un revêtement de zinc de classification Z275, selon
la norme NF P 34-310. La
tôle est proposée en plusieurs épaisseurs, couramment 75/100è
; - d'une dalle béton, composée de sables et de granulats courants
de classe P 25-0/20 ou équivalent ; - d'aciers complémentaires
: treillis soudé et aciers ronds à haute adhérence ;
- d'un revêtement de sol souple ou dur. Épaisseur
de planchers Épaisseur minimale de plancher brut : hauteur du coffrage
plus 4 à 5 cm. Épaisseur maximale de béton : 15 cm environ
au-dessus du profil (suivant Avis techniques). En terme d'épaisseur, il
est bon de définir la notion de dalle pleine équivalente. Importante
dans le traitement de l'acoustique, elle correspond à la différence
entre l'épaisseur h du plancher et la mesure du volume des nervures creuses.
Cette mesure est variable selon les produits. | Produits | Vol.
nervurées creuses (cm) | Pour
1 dalle EQB de 15 cm H totale plancher brut | | Haircol
59S | 3,3 | 18,3 |
| Haircol 60 S | 3,0 | 18,0 |
| Cofradal 60 | 3,5 | 18,5 |
| Cofrastra 40 | 1,0 | 16,0 |
| Cofrastra 70 | 2,6 | 17,6 |
Les
épaisseurs possibles vont de 8 à 30 cm selon les produits et leurs
applications ; les épaisseurs courantes sont comprises entre 10 et 16 cm
(plancher brut, nervures comprises). | |
Spécificités
• Participation des planchers à la stabilité des bâtiments
par la fixation des éléments dès la pose (contreventement
horizontal de la structure principale par effet diaphragme), • allégement
moyen du poids propre du plancher, • source importante d'économie
de béton grâce aux vides des nervures en sous-face, • économie
d'armatures (3 à 6kg/m² de plancher). La solidarisation de la
dalle collaborante avec les poutres par la mise en œuvre de connecteurs cloués
ou soudés contribue à l'économie d'acier et de béton. Principes
de mise en œuvre Étaiement
Par principe, les coffrages collaborants ont un besoin réduit d'étaiement.
Toutefois, les portées proposées ici associées à la
diversité des contraintes qui conduit un projet de construction à
usage d'habitations nécessitent souvent d'employer des profils de faible
hauteur pour maîtriser les épaisseurs de plancher. Dans de telles
situations, il faut prévoir des lignes d'étais parallèles
aux appuis placées à intervalles réguliers : le milieu, le
tiers ou le quart de la portée. Imposé par les conditions d'exécution
de l'ouvrage, l'étaiement est réalisé avec les éléments
traditionnels pour dalle en béton armé. Afin de s'assurer du non
poinçonnement de la tôle, on utilise des protections (planches ou
poutres de bois) offrant une largeur minimale d'appui de 8 cm. Les étais
doivent ensuite rester en place au moins 8 jours après le coulage. Pose Les
planchers sont posés et fixés sur les poutres métalliques
par des clous en acier mis en place à l'aide de pistolets et de cartouches
adéquats, ou par des vis autotaraudeuses ou par des boulons. Les tôles
sont fixées seulement à leurs extrémités et non sur
les appuis intermédiaires dans le cas de la continuité de la tôle. Par
mesure de sécurité, les tôles doivent être fixées
au fur et à mesure de la pose, à raison de deux points de fixation
au minimum par bac sur chaque appui d'extrémité. Ce nombre doit
être augmenté si les sollicitations l'exigent. Armatures
complémentaires Pour empêcher la fissuration, il est nécessaire
de prévoir dans les dalles un faible treillis soudé servant à
reprendre les efforts éventuels. Des armatures en chapeau sont nécessaires
pour la reprise des moments négatifs au droit des appuis intermédiaires
lorsque la continuité est prise en compte ou en cas de revêtement
de sol fragile. Ces armatures doivent couvrir au minimum 0,3 fois la portée,
de part et d'autre de l'appui. Des armatures supplémentaires peuvent
aussi être prévues en lit inférieur pour améliorer
le comportement du plancher en cas d'incendie ou pour répartir des charges
poinçonnantes. Treillis
soudé (conditions minimales requises) | Armatures | Espacement
maximal |
Section en cm²/ | | Perpendiculaires
aux ondes | 20
cm | 0,1hc
ou 2 160/ σen (*) | | Parallèles
aux ondes |
30 cm | la
moitié des deux valeurs précédentes |
|  |
|
(*) la plus grande des deux
valeurs (avec hc = ép. de béton de dalle au-dessus des
ondes) Coffrages
de rives Avec une ossature métallique, des cornières en tôle
d'acier galvanisé sont glissées sous les bacs en rives longitudinales
et transversales du plancher et clouées en même temps que les tôles. Garnissage
des joints Dans le cas d'une pose bout à bout sur un appui, l'obturation
des nervures se fait à l'aide d'une bande adhésive. Les nervures
en extrémité des bacs sont obturées par des bouchons de mousse
cellulaire souple pour éviter les coulures du béton. Bétonnage Le
coulage du béton se fait par des méthodes traditionnelles (pompe
ou benne). Le déchargement du béton doit s'effectuer sur les éléments
porteurs de la structure. La surface peut recevoir tous les sols usuels ou
tous les complexes d'isolation et d'étanchéité. La sous-face
brute présente l'aspect du métal, galvanisé ou pré-laqué,
et révèle les nervures du profilé de coffrage mis en œuvre. →
Présentation de la fiche produit : Haircol
59S (Haironville) | 
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